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AU BRÉSIL, LA REFORESTATION EST EN MARCHE

Dans le Sud du pays coule le fleuve São Francisco, menacé par l’agriculture intensive et la pollution. Ushuaïa s’engage au côté des habitants de ses rives pour préserver les richesses naturelles de la région.

Dans l’état du Minas Girais, au Brésil, coule le Sâo Francisco, le troisième fleuve du pays, qui draine une surface supérieure à celles de la France et la Suisse réunies. Un tiers de la population brésilienne dépend du fleuve, dont les eaux sont aujourd’hui menacées par l’érosion des berges et la pollution. La biodiversité s’appauvrit, et certaines espèces animales ont déserté la zone. Entre les coupures d’eau en période de sécheresse et les inondations dévastatrices aggravées par les affaissements des berges, l’équilibre de toute la région est précaire. Afin de préserver les exceptionnelles richesses naturelles du Minas Girais, Ushuaïa a décidé d’agir à la source en s’unissant avec l’association Nordesta, une ONG Suisse présente depuis 2005 au Brésil, pour initier un grand projet de reforestation des berges du Sâo Francisco.

Un vaste projet aux objectifs ambitieux

L’état de Minais Girais produit du café, du maïs, du soja, des haricots, du riz et bien d’autres cultures. Cette diversité rime dans certaines zones avec une agriculture intensive, qui appauvrit les sols et fait fuir les espèces animales. L’objectif du projet mené avec Nordesta est de reboiser les sources et berges du fleuves afin de lutter contre leur érosion, régénérer les sols grâce à la plantation d’arbres natifs, et réintroduire certaines espèces qui ont déserté la région. Ces buts environnementaux s’accompagnent d’une volonté de faire évoluer les agriculteurs locaux vers une logique de développement durable, en les incitant à diversifier leurs revenus et à augmenter leur rendement via des méthodes naturelles.

Quels sont les moyens déployés ?

Nordesta a constitué une pépinière dédiée à la production des plants, qui s’élève à 150 000 plants par an. Arbres fruitiers, légumineuses, arbres à bois… les espèces sont choisies avec soin. Priorité à la diversité, avec un mélange d’espèces pionnières (peu gourmandes en ressources pour se développer) et d’espèces stables, afin d’obtenir une régénération rapide des écosystèmes. Ces semences sont collectées à la main par les équipes de Nordesta dans le Parc Naturel Serra Canastra, directement sur des arbres sélectionnés pour leurs qualités. Ce procédé a permis à l’association de constituer une banque de plus d’un million de graines pour une centaine d’espèces différentes, conservées en chambre froide. L’équipe assure ensuite un suivi au long terme et visite les lieux chaque année pour remettre de l’engrais, sarcler au pied des arbres, éliminer ceux qui sont morts.

Qui participe à ce programme ?

53 agriculteurs et propriétaires sont aujourd’hui impliqués dans l’opération. Ils ont chacun leurs raisons de participer : lutter contre l’érosion des sols, régénérer leur source agricole, accroître la valeur patrimoniale et écologique de leur terre pour se lancer dans l’éco tourisme, etc… Vicente Paulo Costa Melo voulait investir dans un terrain pour y construire des gîtes ruraux : l’assurance de bénéficier de l’aide de Nordesta pour ses plantations l’a convaincu de passer à l’action. « Nous pouvions voir de jour en jour le glissement de terrain obstruer notre source, expliquent Flore et Denis de Rauje, cultivateurs de café. Nous avons besoin de l’eau pour les champs et la maison. Pour mettre un terme à l’embourbement de la source, il fallait replanter vite, c’était la seule solution. » Au-delà de 3 000 plants, Nordesta offre aux agriculteurs une ruche d’abeilles sauvages. Une excellente idée pour les inciter à diversifier leurs revenus grâce à la revente d’un miel de qualité, qui débouche aussi sur une amélioration du rendement de 40 à 90% pour un champ de tomates, et jusqu’à 25 % pour le café grâce à la pollinisation.

Des premiers résultats prometteurs

Plus de 363 000 arbres ont été plantés jusqu’ici, et Nordesta ne compte pas s’arrêter là. L’association se félicite du retour de plusieurs espèces animales, dont le canard plongeur ou le loup à crinière. Ce dernier ne se déplace que dans des espaces ombragés et avait fui les rives du Sâo Francisco dépouillées de leurs arbres : son retour est une belle victoire pour les équipes engagées sur le terrain.

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